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JE ME SUIS PRIS UN FOU RIRE EN VOYANT LA GUEULE DE CELLE QUI DOIT ETRE "LA FEMME DE SA VIE".

M+G = A DEGUEULER . (Y)







J'écarquille les yeux, une lumière floue m'éblouit, je les referme sur un monde sombre. Il faut que je me lève. Je me redresse, les paupières closes, je tente désesperement d'humer l'air frais qui frole mes tempes. Je ne peux plus. Debout dans l'allée B, je conduis mon chemin au-delà du dédale des stèles. J'apperçois des visiteurs, tout de noir vetus, leurs mines sont grises, leur silence, pesant. Ils se déplacent à pas feutrés sur le gravier, ils craignent sans doute qu'un de leurs parents ne se réveille. C'est assez comique, ces gens s'efforcent de ne point déranger les résidents, savent-ils que ceux-ci auraient, au contraire, su apprécierle bruit ? J'accelere et franchis l'imposant portail de fer. Ces deux lourds battants marquent la séparation de deux mondes, la vie active, entrainante et polluée, et puis l'autre, le silence et le calme. J'ai descendu les marches, je retrouves le rythme affolant du quotidien. Au loin, un enfant pleure, je perçois les cris d'un patron de bar qui s'empresse de donner ordre, les klaxons de voitures et ronflements de moteurs, les coups de sifflet du gendarme, les paroles d'un baryton courrent à mes oreilles. J'arretes mes pas devant un grand batiment blanc. J'y suis. Mon coeur est empli de mélancolie, je me fige devant la porte. Combien de temps suis-je restée là à contempler l'entrée ? Après une éternité, je me decides enfin à rentrer. Un panneau lumineux indique la présence d'un ascenseur. J'oses prendre l'escalier, je sais que ce n'est pas nécessaire mais je me plais à me prendre pour quelqun de "normal". Je veux toucher la rampe, je tends une main et puis... Je crois bien que j'ai pleuré et cette ascension au 3e étage me parut interminable. J'arrive au 58. J'entre soudainement, je ne veux pas me poser de questions. J'ai déjà trop douté. La disposition des meubles n'a pas changé, la vaisselle traine dans l'évier, des vêtements sales, des bouteilles vides, beaucoup de cigarrettes oubliées. Sensation étrange, il manque une chose à cette pièce et je ne saurais dire quoi. J'entends le bruit d'un robinet mal fermé. Je ne parvins pas à le refermer, alors j'admire les photos accrichées au mur pour oublier ma frustration. Les mêmes sourires, les mêmes visages heureux de gens épanouis, les mêmes yeux profonds et troubles, les mêmes poses insignifiantes. Je regrettes ce temps-là, le temps de l'insouciance et du bonheur. Je rentre dans une chambre, Blanche et vide, et puis un berceau. Je lui avait demandé de le jeter, d'oublier ! Il ne m'écoutait pas, ne m'entendait plus. Notre chambre, abandonnée, dégageait une chaleur humaine fantôme, la soie des draps crissait sous le souffle du vent qui passait par la fenêtre, le paravent créait des ombres effrayantes sur le mur. Un détail me surprit, de mon côté du lit, l'oreiller portait la trace fraîche d'un corps. Je me retournes et constates l'évidence : il m'a remplacée. Ma tête tourne. Je cours. Cours à en perdre haleine, jusqu'à mon point de départ. je ne sentais pas mes larmes rouler sur mes joues. Malheureuse, je me reposai sur ma tombe...

# Posté le samedi 16 mai 2009 10:06

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 04:46